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Le texte de la pétition

Pas de pesticides pour nos enfants

Adressée au gouvernement, aux député·es, aux eurodéputé·es, aux maires, aux conseils départementaux et aux conseils régionaux.

Chaque jour, dans les écoles, les collèges et les lycées de notre pays, des millions d'enfants prennent un repas dont on sait qu'il les expose à des substances que la science accuse depuis des années. L'État et trop de collectivités laissent faire.

Ça suffit. Nos enfants ne sont pas une variable d'ajustement.

Ce que dit la science

L'expertise collective de l'INSERM publiée en 2021 établit une présomption forte de lien entre l'exposition aux pesticides chez l'enfant et la survenue de cancers pédiatriques, en particulier les leucémies et les tumeurs du système nerveux central. Pour certains insecticides, la présomption forte porte aussi sur des troubles du développement neuropsychologique et moteur. En 2025, l'Anses a alerté à son tour sur les effets de certains insecticides, les pyréthrinoïdes, sur le neurodéveloppement des jeunes enfants.

Or les enfants vont à la cantine très tôt, dès la maternelle, souvent dès trois ans. Chez ces tout-petits, dont les barrières physiologiques sont immatures et dont les cellules se multiplient intensément, les pesticides agissent davantage. L'exposition pèse donc le plus lourd pendant ces années-là, et ce qu'on met dans leur assiette compte le plus.

L'étude PestiRiv, publiée en septembre 2025 par Santé publique France et l'Anses, confirme que vivre près des cultures expose davantage. L'étude Esteban établit l'imprégnation de la population générale, enfants compris. Selon la carte publiée par Le Monde en décembre 2025 avec le Centre commun de recherche de la Commission européenne, plus de 1,7 million d'écoliers vont en classe sous forte pression pesticides.

Les preuves sont là. Il revient maintenant aux élu·es d'agir.

La loi EGalim n'est pas respectée

La loi EGalim (30 octobre 2018), complétée par la loi Climat et Résilience (22 août 2021), oblige depuis le 1er janvier 2022 toutes les cantines scolaires, universitaires, hospitalières et médico-sociales à proposer au moins 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % issus de l'agriculture biologique. Huit ans après le vote de la loi, c'est encore largement lettre morte.

Selon l'Agence Bio, le bio représente moins de 7 % des achats de la restauration collective. Selon l'enquête de l'Association des maires de France (2024), seules 18 % des communes respectent les deux seuils. Même parmi les cantines qui déclarent leurs achats sur la plateforme gouvernementale Ma cantine, à peine quatre sur dix, les taux plafonnaient en 2024 à 29,5 % de produits durables et 11,8 % de bio. La loi ne prévoit aucune sanction.

Nous demandons simplement que l'État respecte la loi qu'il a adoptée. Le 17 septembre 2026, Bio Consom'acteurs, Notre Affaire à Tous, Générations Futures, Agir pour l'Environnement et le Collectif Les Pieds dans le Plat ont adressé au Gouvernement une demande préalable pour qu'il applique la loi EGalim dans les restaurants collectifs dont il a la responsabilité. À défaut, notre coalition saisira la justice. Le 3 septembre 2025, la cour administrative d'appel de Paris a déjà condamné l'État pour ses carences dans l'évaluation des pesticides.

La cantine qu'on veut pour nos enfants

Nos enfants méritent le meilleur. Une cantine digne de ce nom est bio, gratuite, équitable, conviviale, faite maison, avec des produits locaux et de saison. Elle est saine, équilibrée, à moindre impact environnemental, et bonne, parce qu'un repas se mange aussi avec plaisir.

Depuis des décennies, les grands groupes de la restauration collective fabriquent les repas scolaires à la chaîne et livrent des plats fades, surgelés, ultra-transformés, expédiés de très loin. Ce modèle est un échec sanitaire, écologique, social et culturel. Il faut le quitter.

Une vraie cantine cuisine sur place, avec des cuisinier·es payé·es dignement et des aliments produits par les paysannes et paysans bio du territoire. Elle apprend aux enfants le vrai goût des aliments et les aide à apprendre, à grandir et à rester en bonne santé. La santé, l'apprentissage et l'éveil au goût se construisent dans l'enfance.

Bon pour les enfants, la planète, les paysannes et paysans

Une cantine bio, locale, équitable et de saison soutient celles et ceux qui font notre nourriture. Elle leur permet d'être justement rémunéré·es pour un travail trop souvent étranglé par un système agro-industriel qui les paie sous le coût de production. Choisir le bio local et équitable dans les cantines publiques garantit un revenu paysan digne, fait vivre les fermes du territoire et cesse de financer avec l'argent public un modèle qui abîme les sols, l'eau, l'air et la santé.

Comme l'a affirmé l'Appel de Lorient en octobre 2024, co-écrit par Bio Consom'acteurs et signé par 48 organisations nationales, plus de 170 organisations locales et plus de 2 800 personnes, la bio coûte moins cher à la collectivité que l'agriculture industrielle, dont les coûts cachés (dépollution de l'eau, soins de santé, biodiversité détruite) sont massifs et payés par les contribuables.

Nos demandes

Aux élu·es et responsables politiques, à toutes les échelles (Union européenne, État, Parlement, régions, départements, communes) qui ont, chacun·e dans le périmètre de ses compétences, la responsabilité directe ou indirecte des cantines de nos enfants, nous demandons un engagement public, immédiat et chiffré sur les mesures suivantes :

  1. respecter immédiatement, dans toutes les cantines scolaires (de la maternelle au lycée) et de la petite enfance, l'obligation légale de la loi EGalim (50 % de produits durables et de qualité dont 20 % issus de l'agriculture biologique) et publier une trajectoire vers 100 % bio à horizon précisé ;
  2. revenir à une cuisine faite sur place dans les cantines, avec des cuisinier·es formé·es et dignement rémunéré·es, plutôt que de déléguer à des grands groupes industriels ;
  3. privilégier l'achat direct, local et de saison auprès des paysannes et paysans bio du territoire, garantir des prix qui couvrent les coûts de production et assurent un revenu paysan digne ;
  4. proposer chaque jour une alternative végétarienne et réduire la part des produits carnés et d'origine animale, pour la santé des enfants et pour l'environnement ;
  5. réduire drastiquement les déchets, le plastique et le gaspillage alimentaire, et bannir les contenants plastiques de cuisson, de réchauffe et de service ;
  6. garantir progressivement la gratuité de la cantine pour toutes les familles, en commençant par les familles aux revenus les plus modestes, dans la perspective d'une véritable sécurité sociale de l'alimentation ;
  7. interdire l'usage des pesticides dans tous les espaces publics, en particulier autour des crèches, des écoles et des lieux fréquentés par les enfants ;
  8. renforcer la loi EGalim en prévoyant des sanctions effectives en cas de non-respect, et donner aux collectivités les moyens financiers et humains nécessaires à son application ;
  9. aux eurodéputé·es : rejeter la loi Omnibus, qui supprimerait les réévaluations des pesticides et ouvrirait un énième laisser-passer aux entreprises agrochimiques.

Nous sommes déterminé·es

Nos enfants ne doivent pas payer de leur santé le prix d'un système agricole et alimentaire que la science met en cause, que la loi tente de corriger et que la société civile dénonce depuis des décennies. Les paysannes et paysans qui font le choix de la bio méritent un soutien à la hauteur de ce qu'ils apportent à la santé publique, à l'environnement et aux territoires. Il appartient aux élu·es, à chaque échelon, de transformer la cantine de nos enfants sans attendre.

Nous suivrons vos décisions, leur calendrier et leurs effets dans nos écoles, nos collèges, nos lycées et nos territoires.

Références
  • INSERM, expertise collective Pesticides et santé, nouvelles données, juin 2021.
  • Anses, signaux sanitaires sur les pesticides et la santé des jeunes enfants, avril 2025.
  • Santé publique France et Anses, étude PestiRiv, septembre 2025 ; Santé publique France, étude Esteban.
  • Le Monde et Centre commun de recherche de la Commission européenne, carte de l'exposition des écoles aux pesticides, décembre 2025.
  • Loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 (EGalim) ; loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (Climat et Résilience).
  • Agence Bio, carnet restauration hors domicile, novembre 2025 ; Ma cantine, bilan statistique EGalim (achats 2024), janvier 2026.
  • Association des maires de France, enquête sur la restauration scolaire, 2024.
  • Cour administrative d'appel de Paris, « Justice pour le vivant », 3 septembre 2025.
  • Demande préalable EGalim, Notre Affaire à Tous, Générations Futures, Bio Consom'acteurs, Agir pour l'Environnement et Collectif Les Pieds dans le Plat, 17 septembre 2026.
  • Appel de Lorient, la Bio pour la Vie, 20 octobre 2024.